Recherches en cours

Formation en milieu de travail: impact du contexte sur l’activité des formateurs dans le secteur minier

Dans la perspective d’obtenir un portrait plus complet de la situation des formateurs internes dans le secteur minier et de leurs besoins, nous proposons le présent projet dont l’objectif général est de documenter la situation des formateurs internes dans le secteur minier en considérant les diverses fonctions, le soutien organisationnel qui leur est accordé et les conditions dans lesquelles ils doivent exercer.

Cette recherche s’appuie sur la méthode de recueil d’information par entrevues et l’analyse de contenu à partir de verbatims. Le projet sera réalisé dans quinze entreprises du secteur minier sélectionnées sur une base volontaire. Des entrevues seront effectuées avec principalement les formateurs et les responsables des ressources humaines et de la formation. Plusieurs unités d’analyse seront considérées telles que: les types de sites miniers, l’organisation de la production et l’organisation du travail, la structure de la formation, le processus de planification des formations et les modes d’organisation de la formation, le parcours professionnel et le vécu professionnel des formateurs internes. Elles seront documentées principalement à l’aide d’une analyse documentaire et des entrevues.

Du point de vue scientifique, ce projet contribuera à l’avancement des connaissances au sujet du rôle et des responsabilités des formateurs internes dans le secteur minier, des obstacles rencontrés en fonction des contextes de formation et permettra de fournir des pistes d’actions aux acteurs responsables de l’application de la Loi favorisant le développement et la reconnaissance des compétences de la main- d’oeuvre. Enfin, des retombées directes pour le secteur sont prévues par le développement de pistes d’actions suite à l’identification des besoins de soutien et de développement pour les formateurs internes. Dès l’élaboration du projet de recherche, des mécanismes seront mis en place pour assurer le transfert des résultats et l’appropriation des connaissances de la recherche par les milieux. Plusieurs partenaires seront parties prenantes du projet en siégeant au sein d’un comité de suivi.

Sylvie Ouellet, Élise Ledoux & Pierre-Sébastien Fournier

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Les femmes dans les métiers et professions traditionnellement masculins : une réalité teintée de stéréotypes de genre nécessitant une analyse critique, systémique, comparative et multidisciplinaire

Ayant recensé majoritairement des études réalisées à partir de données statistiques globales, utilisant des méthodes quantitatives ne permettant pas de documenter en profondeur les aspects étudiés ou de montrer les interdépendances entre les divers éléments répertoriés, la présente recherche vise à réaliser un portrait approfondi et comparatif des facteurs liés à la progression et à la rétention des femmes dans des métiers et professions traditionnellement réservés aux hommes au Québec. Cette analyse critique, systémique, comparative et multidisciplinaire mettra à profit la richesse de plusieurs méthodes et approches afin de documenter divers aspects des professions et métiers ciblés dans 6 secteurs d’activités : sciences et génie; santé; droit et sécurité publique; finances; éducation et orientation; santé et sécurité au travail.

Une recension des écrits, des groupes nominaux, des entrevues individuelles et un sondage seront réalisés selon deux approches théoriques (féministe et développement de carrière) permettant une combinaison originale de variables. Le projet s’appuie sur une équipe scientifique multi-facultaire de l’Université Laval, favorisant une convergence des connaissances, expertises et traditions de recherche en études féministes (Sophie Brière, Hélène Lee-Gosselin), en études des trajectoires professionnelles (Geneviève Fournier, Liette Goyer, Dominique Tanguay) et en lien avec les secteurs d’activités liés aux métiers et professions ciblées (Claire Deschênes, Sylvie Dodin Dewailly, Anne-Marie Laflamme, Lucie Héon et Pierre-Sébastien Fournier).

Les résultats seront diffusés à travers les canaux organisationnels et scientifiques existants et par des activités conjointes organisées spécifiquement pour les besoins de cette recherche.

Sophie Brière (Université Laval), Claire Deschênes (Université Laval), Sylvie Dodin (Université Laval), Geneviève Fournier (Université Laval), Liette Goyer (Université Laval) & Lucie Heon (Université Laval)

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Petites entreprises et risques psychosociaux au travail : comment y répondre de manière juridiquement adaptée ?

L’essentiel du tissu économique en Aquitaine est composé de mono-établissements et de très petites entreprises (TPE) avec moins de dix salariés représentant respectivement, en 2011, 69,8 % et 24,6 % de l’effectif total des entreprises. Paradoxalement, ces petites structures sont les moins étudiées en matière de risques psychosociaux (RPS). Ce projet sera l’occasion d’objectiver des retombées socio-économiques locales, en partenariat avec les acteurs de la région, mais également d’effectuer des comparaisons avec d’autres pays tels que la Norvège et le Québec sensibilisés à la problématique.

L’introduction de la notion de « santé mentale » au côté de la « santé physique » dans le Code du travail par la loi du 17 janvier 2002 de modernisation sociale a mis expressément l’accent sur une approche globale de la protection de la santé au travail. Cette évolution du droit de la santé-sécurité au travail s’est réalisée sans distinction d’effectif dans l’entreprise. Les PME et les TPE, tout comme les grandes organisations, sont dès lors tenues de mettre en œuvre des moyens de prévention adéquats et de répondre à des risques professionnels encourus collectivement et concomitants à un contexte de tensions sociales, de crise économique et de l’emploi. Malgré le plan d’urgence de prévention du stress au travail du 9 octobre 2009 qui soulignait le problème de la confrontation des petites entreprises aux contraintes juridiques en santé-sécurité au travail, les études dans ce domaine n’ont guère progressé. Le récent avis du Conseil économique, social et environnemental relatif aux RPS au travail préconise d’ailleurs qu’« une attention particulière doit être portée aux PME/TPE afin de les accompagner dans la démarche d’évaluation et de prévention des risques psychosociaux ». PME et TPE connaissent des spécificités en termes d’organisations du travail, de rapport à la hiérarchie, de proximité interindividuelles et de fonctionnement que ne connaissent pas les grandes entreprises. La faible taille de l’entreprise rend ainsi spécifiques les modes de management liés à une culture familiale, à une exposition particulièrement sensible aux variations du marché.

Or, compte tenu de la législation actuelle, les entreprises comptant moins de 50 salariés échappent pour l’essentiel au droit de la santé-sécurité au travail. Elles ne bénéficient pas du droit relatif au Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) et les plus petites d’entre elles ne connaissent pas forcément le règlement intérieur et la représentation du personnel. Pourtant, l’amélioration des conditions de travail et le droit de la prévention des risques professionnels concernent toutes les entreprises et constituent un enjeu important tant en termes de politique de l’emploi (attractivité), de justice sociale que de santé publique. Dans ce contexte, il apparaît indispensable de mener une étude approfondie afin de proposer une réponse juridiquement adaptée aux risques RPS dans les petites entreprises.

Loïc Lerouge & coll. (Conseil Régional d'Aquitaine (France))

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Portrait du rôle des cadres et des représentants des travailleurs et conditions d’exercice favorisant la prise en charge de la SST dans les mines souterraines du Québec

Connu comme étant à risque, le secteur minier fait face à des besoins de main-d’œuvre formée et assez expérimentée. L’Association paritaire pour la santé et la sécurité du travail du secteur minier (APSM) a exprimé sa préoccupation à ce sujet et souhaite développer une formation en SST à l’intention des superviseurs et une autre pour les représentants en prévention. Pour l’aider à guider ses actions, il souhaite que l’IRSST poursuive l’analyse des données recueillies lors d’une activité de recherche précédente au sujet des cadres afin de préciser les rôles, les défis, les facteurs faisant obstacle ou favorisant leur fonction en SST.

Cette activité de recherche propose donc d’approfondir l’exploitation des données recueillies précédemment dans trois mines souterraines, afin de mieux comprendre le rôle et le contexte d’exercice du travail des cadres et des représentants des travailleurs en regard de la SST et de l’intégration.

L’activité permettra de mieux comprendre le rôle de ces travailleurs en matière de SST et d’intégration des nouveaux travailleurs de même que le contexte, les enjeux, les défis qu’ils rencontrent et les facteurs susceptibles de faciliter l’exercice de leur rôle.

Élise Ledoux (IRSST), Sylvie Beaugrand (IRSST), Caroline Jolly (IRSST), Pierre-Sébastien Fournier (Université Laval) & Sylvie Ouellet (Université du Québec à Montréal )

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