Mesurer les conséquences du stress

Mesurer les conséquences du stress

Les outils et les échelles de mesure présentés dans cette section le sont uniquement à titre d’information générale. Ils ne doivent en aucun cas être utilisés à des fins diagnostiques pour les individus. Ils ont été validés auprès de groupes d’individus et leur utilisation est, par conséquent, uniquement réservée à cette fin. Leur usage est, de plus, strictement réservé à des professionnels compétents en matière d’évaluation des facteurs d’ordre psychologique. La compilation et l’analyse des données devraient, quant à elles, être effectuées par une personne formée en mesure et évaluation.

Lorsque l’exposition à des facteurs de risque excède les capacités des individus à y faire face, le stress peut conduire à des conséquences individuelles multiples. Celles-ci peuvent se traduire de diverses façons, notamment sous forme de détresse psychologique, de dépression, d’épuisement professionnel ou encore de symptômes psychosomatiques. Or, comme les manifestations du stress sont nombreuses et qu’elles peuvent varier d’un individu à l’autre, il existe plusieurs outils pour les mesurer. Nous vous en présentons quelques-uns dans cette section.

La détresse psychologique

Dérivé du Psychological Symptom Index de Ilfeld, l’Indice de détresse psychologique a été traduit et validé en français lors d’une enquête de Santé Québec en 1983. Cet outil mesure la fréquence des symptômes associés aux états dépressifs et anxieux, aux troubles cognitifs et à l’irritabilité. La personne doit préciser à quelle fréquence elle a ressenti divers symptômes au cours de la dernière semaine. L’indice de détresse psychologique ne permet pas de diagnostic précis, mais « tente plutôt d’estimer la proportion de la population ayant des symptômes assez nombreux ou intenses pour se classer dans un groupe très probablement à risque d’être à un niveau de détresse psychologique qui nécessite une intervention ». Par conséquent, ce questionnaire donne une approximation intéressante de l’état de santé psychologique d’une population.

L’IDPESQ constitue un outil de prévention particulièrement intéressant car, d’une part, il permet de comparer un groupe de travailleurs à la population québécoise et, d’autre part, il évalue les symptômes d’individus qui sont présents sur les lieux de travail plutôt que ceux d’individus qui ont un diagnostic médical et qui sont absents du travail. En ce sens, il permet d’intervenir plus précocement dans le processus de développement des problèmes de santé mentale. En voici un court extrait :

Au cours de la dernière semaine,

  1. Jamais
  2. De temps en temps
  3. Assez souvent
  4. Très souvent

 

Les symptômes psychosomatiques

En plus d’entraîner des désordres psychologiques, l’expérience du stress chez l’individu est associée à divers problèmes d’ordre physiques. Elle peut notamment conduire à l’hypertension, à des ulcères d’estomac et à des maladies cardiovasculaires. C’est précisément pour mesurer la sévérité de ces divers symptômes physiques qu’Ilfeld a développé cette échelle en 1978. À l’origine, elle n’était composée que de 10 items, mais un item relié à l’intensité des troubles du sommeil a été ajouté. Ici, les participants rapportent l’intensité de leurs symptômes psychosomatiques au cours des derniers mois. Voici quelques exemples d’énoncés :

Au cours des derniers mois, avez-vous ressenti:

  1. Aucun problème
  2. Très faible intensité
  3. Faible intensité
  4. Moyenne intensité
  5. Forte intensité
  6. Très forte intensité

La dépression

Le Questionnaire de Dépression de Beck est surtout utilisé en recherche ainsi qu’en clinique afin d’évaluer l’état dépressif. Il a été construit par Aaron T. Beck dans le but de détecter la présence de symptômes dépressifs chez les adultes et les adolescents, et de préciser la sévérité de la dépression chez les patients psychiatriques. Le questionnaire, également validé en français mesure entre autres l’humeur (tristesse, intérêt envers le travail, irritabilité), les symptômes somatiques (perte/augmentation de l’appétit, perturbations du sommeil) et les symptômes cognitifs (capacité de concentration, prise de décision). Il est constitué de 21 groupes d’énoncés. Pour chacun des groupes, la personne doit sélectionner la phrase qui correspond le mieux à son état. Voici deux groupes types d’énoncés :

  • Je ne me sens pas triste
  • Je me sens morose ou triste
  • Je suis morose ou triste en tout temps et je n’arrive pas à me remettre d’aplomb
  • Je suis à ce point triste ou malheureux(se) que cela me fait mal
  • Je suis à ce point triste ou malheureux(se) que cela m’est insupportable
  • Je peux travailler pratiquement aussi bien qu’avant
  • Il faut que je fasse des efforts supplémentaires pour commencer quelque chose
  • Je dois me secouer très fort pour faire quoi que ce soit
  • Je ne peux faire aucun travail

L’épuisement professionnel

L’Inventaire d’épuisement professionnel de Maslach est un questionnaire auto évaluatif constitué de 22 items qui mesure les trois dimensions de l’épuisement professionnel : l’épuisement émotionnel, la dépersonnalisation et la perte du sentiment d’accomplissement au travail. L’épuisement émotionnel est défini comme le sentiment d’être envahi(e) ou épuisé(e) par son travail. La dépersonnalisation implique des sentiments d’insensibilité alors que l’accomplissement personnel au travail réfère aux sentiments de compétence et de réalisation de soi au travail. Compte tenu qu’il n’existe pas de seuil clinique indiquant la présence ou l’absence d’épuisement professionnel, on considère qu’une personne qui obtient un score élevé d’épuisement émotionnel et de dépersonnalisation allié à un score faible d’accomplissement personnel présente un degré élevé d’épuisement professionnel. Voici quelques exemples pour illustrer ces notions :

  1. Jamais
  2. Quelques fois par année ou moins
  3. Une fois par mois ou moins
  4. Quelques fois par mois
  5. Une fois par semaine
  6. Quelques fois par semaine
  7. Chaque jour

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